La ville de Tours est encore fortement imprégnée de la présence de Saint Martin, nommé évêque il y a environ 1700 ans. Entre les plaques commémoratives ici et là et les références à son histoire sur la façade de la cathédrale via les animations colorées de l’été, la ville se construit toujours une identité autour de la légende désormais célèbre de cet homme ayant donné la moitié de son manteau à un pauvre qui avait froid.

Dans cette bande dessinée publiée avec le concours du journal local de La Nouvelle République, une bonne partie de la vie de Martin se dévoile pour mieux le faire connaître et contribuer davantage à sa légende. Initialement soldat, Dieu l’a rappelé à ses devoirs et c’est en moine qu’on le connaît mieux, d’abord à Poitiers puis en Touraine où il finira par être nommé évêque. Son aisance avec la langue lui permet aussi d’être porte-parole à l’international, mais les difficultés d’être entendu le poursuivent : sa réputation d’homme saint le précède partout, mais comme avec l’empereur romain, son autorité naturelle est régulièrement contestée par des egos froissés.

Le récit est conté par un ami de Martin, voleur de grand chemin, mais la présence du saint homme a eu raison de ses mauvais choix et il devient finalement moine. Il suit Martin entre ses différents lieux de résidence comme Pont-de-Ruan, le long de l’Indre au sud de Tours, ou Marmoutiers, au nord-est de la ville, mais c’est à Cande que Martin finira ses jours à 80 ans, là où la Vienne se jette dans la Loire. L’histoire dit même qu’alors que sa dépouille est ramenée en bateau à Tours, les fleurs se sont mises à fleurir le long des berges en plein mois de novembre…

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Cette bande dessinée dresse le portrait d’un homme avec une belle aura et rappelle les grandes lignes de sa vie, même si certains déploreront que la fameuse scène du manteau n’est que rapportée. D’autres trouveront que les transitions entre les différentes scènes ne sont pas assez visibles dans la mise en page et donnent parfois un côté brouillon au récit… mais il ressort malgré tout de ces 40 pages une impression de calme et de sagesse qui renvoient au caractère de Martin : pas de grandes aventures ici mais juste le récit d’un destin qui aura traversé le temps et se rappellera quotidiennement à la vie moderne des Tourangeaux.

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