L’album de la rencontre entre Lucky Luke et Calamity Jane tient toutes ses promesses : l’univers de Lucky Luke est même un peu bousculé puisqu’il est surpris par une attaque Apache dès les premiers pages alors qu’il est plongé dans la rivière, bien trop loin de son pistolet pour pouvoir se défendre ! Mais fort heureusement, Calamity Jane arrive et le sauve des Indiens, intrépide et surtout très garçon manqué… Pas besoin qu’elle se fasse prier pour raconter son histoire, typique des écrits qu’elle a pu laisser derrière elle (autobiographie, lettres à sa fille, …) sans oublier le fait qu’elle se vante de beaucoup mentir et qu’elle réécrit son histoire à chaque fois !

Elle suit Lucky Luke jusqu’à El Plomo, ville au nom évocateur puisque le cow-boy doit enquêter sur un trafic d’armes potentiel entre blancs et Indiens. Jane, quant à elle, devient propriétaire d’un saloon après avoir gagné un bras de fer contre un méchant, et manie les bouteilles d’alcool avec autant d’aisance que son fusil, entre deux crachats de chique. En parallèle elle cherche à se faire accepter dans le club des dames de la ville et tente d’améliorer son comportement avec l’aide d’un professeur de bonne conduite, mais malgré des progrès notables, il jette l’éponge rapidement…

Les deux protagonistes ont l’air de s’entendre très bien et Lucky Luke, souvent surpris par la désinvolture masculine de Jane, montre lui aussi avec humour son manque de savoir-vivre en présence du professeur de bonne conduite. Assez complémentaires, ils parviennent à défendre la ville de l’attaque des Indiens puis chacun repart de son côté une fois l’enquête close.

De l’inattendu donc dans cet album, car Calamity Jane en vient presque à faire oublier Jolly Jumper (c’est ce qu’il ressent!) et éclipse les méchants habituels en prenant réellement le rôle de guest star à cœur et se mettant si bien en scène… même équipée d’une robe et d’une ombrelle ! De nombreuses références à sa vie et ses petits travers ancrent le récit dans un certain réalisme, mais notre personnage a l’air de parfaitement assumer sa solitude et son alcoolisme ici, tout en ajoutant une bonne dose de « féminité » à son personnage en cuisinant, faisant le ménage et décorant son saloon. Légèrement stéréotypé, certes, mais totalement à sa place dans un album de « Lucky Luke » !

En bonus, l’adaptation de cet album en dessin animé, même si de grosses différences de scénario se font sentir, comme l’attaque du début sans les Indiens… Admirez plutôt la poésie de notre Jane! 😉

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