« Frankenstein Junior » était, dans mes souvenirs, un film drôle en noir et blanc, ce qui était, vu le peu de culture cinématographique classique que j’ai, déjà pas mal ! En le revisionnant avec quinze ans de plus, je redécouvre une pépite d’humour : tout d’abord, la réécriture de l’histoire de Mary Shelley, mais après la mort du baron Von Frankenstein, est plutôt osée : le petit-fils du scientifique habite en Amérique et est médecin chercheur. Il croit dur comme fer qu’on ne peut ramener à la vie des tissus morts, et pour marquer de la distance avec son ancêtre, il fait prononcer son nom FrankenSTIN.

Un beau jour, il reçoit une boîte venant de son grand-père à présent décédé et retourne en Transylvanie où il tente de comprendre les travaux du baron. Dans les méandres d’un château terrifiant sur fond d’orage et de pluies diluviennes, il finit par trouver son bureau secret et tente de faire revenir à la vie un homme juste pendu en lui greffant un cerveau… mais entre l’incompétence du valet aux yeux exorbités et les flirts de la jeune femme qui lui sert d’assistante, on se doute que l’expérience ne se passera pas exactement comme prévu ! D’autant plus que les villageois redoutent une répétition de l’histoire avec le monstre pour hanter leurs nuits…

Les images sont très esthétiques et jouent pleinement sur les stéréotypes de mise en scène des films d’horreur classiques en noir et blanc : poses lascives entre amoureux, gros plans sur les expressions surjouées des personnages, plans larges sur des maquettes de paysage ou décors en papier mâché, musique qui fait peur, et le choix surprenant du noir et blanc en 1974 qui montre à la fois l’hommage à ces vieux films et la déconstruction d’un mythe cinématographique installé depuis plusieurs décennies. Les jeux de mots sont aussi présents même s’ils perdent un peu de leur profondeur à travers la traduction française, et le comique de situation ainsi que des incohérences de mise en scène donnent un rythme plutôt soutenu.

Ce n’est probablement pas « la meilleure comédie de tous les temps » comme l’indique la jaquette du DVD car le film a un peu vieilli, mais les vrais amateurs de cinéma ne seront sans doute pas d’accord avec moi ! Le casting est, malgré tout, une réelle richesse dans ce film et Mel Brooks est bien ici à la hauteur de sa réputation.

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