Un texte particulier : fiction ou récit autobiographique ? Une chose est sûre, on sort des sentiers battus avec cette vision extrêmement positive d’un pays souvent décrié dans nos pays occidentaux. L’Afghanistan occupe autant la scène que la narratrice, française, qui vient de s’installer à Kaboul où elle enseigne le français. Son contact sur place, Nathan, est un expatrié français qui a laissé femme et enfants en France, mais malgré son statut d’homme marié ils vivent tous les deux une grande passion. Ils voyagent régulièrement dans le pays et voient les points stratégiques et « touristiques » d’un pays encore très abîmé par la guerre. Malgré la fin de la présence talibane chaque jour rappelle que le pays n’est pas encore sûr, car des bombes explosent encore dans les souks, des rockets sont observées dans le ciel et des camions peuvent sauter sur des mines anti-personnelles. Cela n’a pourtant pas l’air d’impacter notre narratrice, qui préfère s’émerveiller de la lumière chaque matin au lever du soleil et en journée du bleu pur du ciel.

Tout paraît donc paradisiaque dans son jugement, et pourtant les hommes armées, les burkas et le danger ne sont jamais loin… est-ce l’amour qui lui obstrue la vue ou lui dévoile ce qu’un œil européen ne saurait voir, aveuglé par ses jugements de valeur ? Cependant une fois la fin de son histoire avec Nathan ce pays ne suffit plus et il lui faut fuir…

Difficile de rentrer dans cet univers si particulier par le fond mais aussi la forme : les descriptions de ce que la narratrice vit sont probablement trop morcelées pour moi et ne permettent pas une vision large et chronologique de son histoire, de ses découvertes dans le pays ; le style reflète ainsi la vision des villes et rues détruites mais floutent les pistes en quelque sorte et donnent une impression d’arrêts sur image dans le désordre. De plus, un langage métaphorique et peinant à nommer clairement les choses et personnes voilent littéralement la vue ou l’imagination du lecteur, comme la liaison entre la narratrice et Nathan qui doit rester secrète.

Ce texte plaira sans doute par le regard frais qu’il porte sur un pays trop souvent montré du doigt, mais il est clair que le lecteur devra rester attentif pour recoller les morceaux et ne profitera pas vraiment ici d’une lecture détente. Vous êtes prévenus ! 😉