Ok, on s’est trompé de saison en regardant « Coco » à Noël plutôt qu’à la Toussaint, mais ça n’a perturbé en rien notre plaisir ! Je parle de la Toussaint car le thème du film est la visite des morts aux vivants le jour des Morts, el dia de los muertos au Mexique.

Miguel est un jeune garçon plein de vie et passionné par la musique, mais sa famille l’ignore car refuse tout net d’en entendre ou même d’en parler. Le traumatisme remonte plusieurs générations en arrière, à l’époque ou son arrière-grand-mère Coco était bébé. Le père de Coco, musicien, a fait un jour le choix d’abandonner sa famille pour développer sa carrière musicale, et depuis on n’écoute plus de musique, de peur de réveiller des douleurs passées.

Le soir du dia de los muertos, un concert doit avoir lieu sur la grand-place, et Miguel souhaite y participer. Malheureusement sa famille tombe sur la guitare qu’il s’était bricolée et la détruit. Fou de colère et de tristesse, il tente par tous les moyens d’en trouver une autre, et sa quête le mène sur des chemins qu’il n’aurait jamais cru possibles…

Malgré le thème plutôt commun en littérature ou au cinéma du « secret de famille enfin dévoilé qui fait mal mais qui fait du bien », l’histoire prend un tournant inattendu avec l’apparition du fantastique et la découverte du pays des morts, permettant à Miguel une sorte de voyage initiatique pour savoir d’où il vient et l’aide à se révéler à lui-même. Ce qui était pavé de fil blanc s’avère être plus complexe, et la mise en couleur des images est assez magique, donnant plus de profondeur aux animations habituelles de Pixar. De nombreux mots espagnols sont aussi maintenus dans la version française, permettant davantage d’immersion dans le monde de Miguel.

Enfin, le visage de l’arrière-grand-mère Coco est à croquer : ridé comme pas possible, qui ne fondrait pas en reconnaissant, dans un vieux souvenir, sa propre mémé ? Ainsi au-delà d’une simple fiction que l’on laisse derrière soi une fois arrivé au générique de fin, on en vient à repenser à nos morts, on se demande si on ne devrait pas prendre le temps de les chérir autant que dans le film plutôt que de laisser la vie nous emporter sur son autoroute…