Douce surprise de prolonger le plaisir des interventions de Nora dans le « Quotidien » de Yann Barthès avec son livre ! Aucune surprise sur le style et ça nous va bien, puisque Nora se dévoile encore à travers ses petites habitudes de vieille fille trentenaire, ses loupés, ses remarques plus ou moins acerbes sur ce qui l’entoure, et elle va même jusqu’à questionner les conventions sociales !

Une Bridget Jones en puissance donc, pour qui la vie n’est pas si évidente. Comment vivre sans encombre et trouver l’équilibre quand on fixe sur des choses anodines et pourtant si dérangeantes ? Exemple : on a tous eu du mal à gérer les passages aux toilettes en début de relation, non ? Genre, ne pas se faire entendre lors de la grosse commission ! De même, comment vivre une fin de relation sans s’en rendre malade ? Comment supporter les enfants des autres ? Gérer les conflits familiaux ou les sorties shopping ? Sans oublier que Nora, comme nous tous, vieillit, alors les lendemains de cuite ça devient difficile, et de toute façon, même le simple fait de poser un pied dehors après être rentré du boulot devient insurmontable ! Bref, Nora a 30 ans et s’est toujours beaucoup trop posé de questions sur la vie… d’où la thérapie mentionnée en sous-titre, qu’elle pratique régulièrement mais qu’elle consomme en one-woman show pour éviter que son psy s’endorme encore une fois en séance…!

Un petit bémol peut-être sur le fait que ce récit compile quasiment à la lettre les chroniques qu’elle a fait auparavant à la radio ou dans les magasines, et donc les fans de la première heure n’auront pas autant de nouveauté qu’ils le souhaitent. Malgré tout, les chapitres étant assez courts, la lecture est fluide et propose de nombreuses scènes dans lesquelles Nora joue de son autodérision. Je me suis surprise à rire tout fort plusieurs fois face à des situations que j’ai connues ou que je visualisais très bien ! Mais même si l’on peut tomber sur un sketch que l’on a déjà entendu prononcé vitesse grand V à la télé ou à la radio, sa marque de fabrique, on se délecte à nouveau en prenant possession des mots et de ce qu’ils renferment à son rythme. Quelques dessins en couleur viennent aussi décorer et mettre en image certaines scènes et névroses de la vie de la jeune femme. Nora est « attachiante » parce qu’elle ressemble à chacun.e d’entre nous, mais aussi à travers ses tortures internes, alors soyons soulagé.e.s de ne pas connaître réellement quelqu’un comme elle… enfin… quoique…

Publicités