Les contes et légendes ont, du plus loin que je me souvienne, toujours bercé mes rêveries – et sont certainement à l’origine de la lectrice que je suis aujourd’hui ! Mélusine n’y a pas échappé : à quelques dizaines de kilomètres de chez moi dans le Poitou, un village porte même un nom qui lui rend hommage : le château de Lusignan aurait ainsi été construit par la fée Mélusine. Elle aurait aussi fondé la ville de Parthenay dans les Deux-Sèvres ou les murailles de La Rochelle en Charente-Maritime, mais elle a aussi marqué de nombreuses légendes à travers toute Europe dès l’Antiquité. Peut-être espérais-je retrouver un peu de cette fée en feuilletant cette bande dessinée à son nom ; cependant c’est plutôt une sorcière que l’on voulait mettre en avant, alors pourquoi ne pas lui donner ce nom, et ce même si son histoire ne renvoie en rien à la légende poitevine.

Mélusine est donc représentée ici comme une jeune et jolie sorcière de 119 ans cherchant un emploi en parallèle de ses études de sorcellerie, et elle devient femme de ménage dans un vieux château tenu par un couple d’aristocrates – couple pas banal puisque Monsieur est un vampire et Madame est un fantôme. L’employé de la maison, Winston, ressemble fortement au monstre de Frankenstein et manque comme lui cruellement de vocabulaire.

Chaque planche montre ainsi Mélusine dans des tâches quotidiennes qui bien souvent tournent mal. On la voit aussi faire des exercices d’entraînement pour ses études et les formules ou potions ne donnent jamais vraiment le résultat escompté ! De plus, la vieille tante de Mélusine vient régulièrement lui rendre visite en passant par la fenêtre (sur son balai, évidemment!) et la meilleure copine Cancrelune ne manque jamais de louper tout ce qu’elle tente.

En bref, ces dessins agréables et colorés montrent succession de gags porte sur ce qui peut prêter à sourire dans la vie de ces gens, que l’on parle de difficulté de compréhension de l’autre ou d’incompétence personnelle… car Mélusine est loin d’être une héroïne en tant que telle ! Parfois la longueur des planches varie, mais il est dommage que rien n’indique vraiment à l’avance ce changement de rythme. On apprécierait une histoire complète sur un album entier pour donner plus de profondeur à Mélusine, mais le format court initial était imposé car Mélusine s’est fait connaître au sein du Journal de Spirou… et à ma décharge, je n’ai lu que les trois premiers tomes sur les 25 publiés à ce jour ! Mise à jour à venir au cas où je me plongerais dans la suite !