Très en retard, comme d’habitude, pour découvrir les films qui font parler… et puis avec la sortie de « My beautiful boy » j’ai eu envie de me pencher sur la filmographie du jeune Timothée Chalamet, et « Call me by your name » s’est avéré être une évidence.

Cette Italie des années 80 est quelque peu dépaysante au début, dans cette vieille maison de maître où la famille d’Elio vient passer ses vacances. Il fait chaud, le temps est au ralenti, la nature bruit au son de l’eau et de la brise, et Elio passe du temps à lire, dormir et sortir avec ses amis. Il a 17 ans et pense bientôt passer à l’acte avec une jeune fille du groupe.

Son père, professeur d’université et chercheur en archéologie, accueille tous les étés un étudiant sur le point de finir son doctorat, et l’arrogant Oliver débarque des Etats-Unis pour quelques semaines. Malgré la dizaine d’années qui les séparent, les deux garçons s’entendent bien et profitent de balades en vélo pour se rapprocher. Pudiquement, au début, puis la passion les entraîne ensuite dans de folles nuits d’amour… rien n’est dit ouvertement sur leurs sentiments, mais les parents d’Elio ne sont pas dupes et le laissent vivre sa vie.

De nombreux points font écho entre « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan et ce film sorti en 2017 : le sentiment de parenthèse le temps d’un été ensoleillé, la curiosité ouvrant sur une forme passion adolescente pour une personne un peu plus âgée, et enfin la tristesse alors que l’été s’achève créent, ici comme dans le chef d’œuvre de Sagan, un écrin de sentiments pur et précieux comme un souvenir de jeunesse. La passion des deux protagonistes est palpable, de même que leurs fêlures secrètes, et le questionnement sur l’ « après » est inévitable pour Elio même si on n’a aucune réponse avant la scène finale. Ils vivent ainsi leur présent pleinement.

La multitude de langues utilisées par les personnages – français, anglais, italien – est un vrai plaisir pour l’oreille et contribue à cette parenthèse estivale enchantée, de même que la répétition des lieux montrés à l’écran pour créer un sentiment d’appartenance avec la chaleur de la campagne italienne et la fraîcheur bienfaisante de la maison. Les plans assez serrés et immobiles sur les personnages donnent aussi l’idée de faire partie de leur vie familiale, amicale ou amoureuse. « Call me by your name » me paraît donc être une expérience en soi, même si les choix musicaux sont discutables car entêtants… serions-nous aussi entrés dans la tête d’Elio, dont la sensibilité et le talent musicaux sont indéniables ?

Quant à ce jeune acteur franco-américain Timothée Chalamet, peut-être devrions-nous continuer à suivre sa carrière pour voir s’il est, comme certains le disent, le nouveau Leonardo Di Caprio… ?

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