Je n’ai pas l’habitude de lire des romans d’auteurs indépendants en format numérique car j’ai des centaines de romans papier qui n’attendent que mon attention à la maison, mais Tweeter est une véritable mine de tentations ! Alors face à une autrice qui propose son manuscrit à la critique des bloggers, comment résister ?

Il faut prendre beaucoup de recul pour pouvoir entrer dans ce roman, de manière à voir la planète Terre en petit et visualiser la création du monde et son organisation en 9 royaumes. La mythologie nordique s’invite donc ici avec le dieu Odin (pour le reste je n’y connais rien!) et les multiples populations qui sont amenées à se croiser (ou s’éviter) au fil des siècles. Au centre de l’intrigue se trouve Eden, une jeune fille qui vient de fêter ses 18 ans mais dont la soirée d’anniversaire s’est terminée en bain de sang… Elle se réveille dans ce qui ressemble à un hôpital, sans aucun souvenir de ce qui a bien pu se passer, et tente tant bien que mal d’éteindre la voix qu’elle a à l’intérieur. Est-elle folle à lier ?

Petit à petit elle s’aperçoit qu’elle est entourée d’être surnaturels, dont elle fait elle-même partie. Vampires, Loups et Démons l’approchent avec intérêt ; Eden parvient à s’échapper du centre dans lequel elle est retenue captive grâce à leur aide… et celle de son hôte Blanche, à qui elle donne finalement de plus en plus de voix. Elle devient ainsi sans trop comprendre pourquoi un être extrêmement puissant voué, d’après des oracles, à un destin hors du commun.

Beaucoup d’éléments déjà connus de la littérature fantaisiste se croisent, même s’ils ne partagent pas toutes les qualités que l’on connaît déjà, comme chez les Vampires par exemple qui finalement peuvent sortir en plein jour. On retient la magie que chaque groupe peut utiliser pour se protéger ou attaquer, mais il est compliqué de comprendre le rôle d’Eden dans cette organisation avant une bonne moitié du livre… De plus, les personnages secondaires sont maintenus dans une espèce de flou concernant leur nature même, floutant les pistes sur leurs motivations réelles et complexifiant encore un peu les rapports entre chaque groupe.

Malgré une lecture assez agréable, il faut survivre au prologue, extrêmement difficile à comprendre et à mémoriser, les noms des différents groupes étant mentionnés dans une langue inconnue de moi et donc pas évidents à mémoriser, et leurs relations aux autres riches et denses. J’ai eu envie d’abandonner avant même de commencer le chapitre 1, assommée par toutes ces informations difficiles à relire en cours d’histoire avec la liseuse électronique. De plus, le souci qui revient souvent dans ces auto-éditions reste la qualité de la langue, et de nombreuses coquilles ou structures grammaticales malheureuses ponctuent le récit… en plus d’un partage en chapitres peut-être discutable car améliorable.

Malgré un texte qui n’a pas encore trouvé sa maturité, la qualité de ce monde imaginaire n’est en rien entachée. Les aventures tantôt adolescentes, tantôt liées au monde de l’horreur donnent une dynamique intéressante et plutôt visuelle, alors que les descriptions sont plutôt minimalistes. Gardons un œil sur l’évolution de ce récit et de son auteur, qui gagnent à être connus.