Surprenant Eric-Emmanuel Schmitt, qui met en scène une histoire assez complexe autour d’un narrateur SDF d’environ 25 ans, Augustin. Le pauvre garçon n’a pas de famille et est en stage dans un journal de Charleroi en Belgique sans aucune rémunération. L’irascible patron le pousse un jour à descendre glaner des informations dans la rue, et Augustin arrive sur la place d’une église où il a suivi un jeune homme qui traînait un fantôme sur son épaule. Oui, Augustin voit les morts de certaines personnes et les observe avec curiosité ! Mais ce jour-là, sa curiosité l’a mené sur les pas d’un garçon qui se fait exploser en public… un attentat terroriste !

Les jours qui suivent sont difficiles car le traumatisme est là et il lui faut retrouver un squat après quelques jours au chaud à l’hôpital. Ses pas le mènent vers une usine désaffectée et il trouve un ordinateur dans une benne à ordures… celui du terroriste !! Comment est-ce possible ? Doit-il le donner à la police ou le garder pour lui ? De ce jour la vie d’Augustin est profondément bouleversée et il commence à s’interroger sur le pouvoir de Dieu : comment peut-on tuer au nom de Dieu ? Quel est son véritable dessein ?

Les personnages secondaires sont intéressants car ils élargissent le monde du narrateur et enrichissent le récit, mais ils sont assez stéréotypés comme le méchant patron du journal qui cherche le buzz, le frère du terroriste portant aux nues son souvenir, ou bien la juge d’instruction et son franc parler à la « Capitaine Marleau ». Autre fait étonnant avec l’auto-inclusion de l’auteur dans son récit : Eric-Emmanuel Schmitt devient un personnage interagissant avec Augustin et le guide sur la voix de l’écriture, jouant son propre rôle d’auteur à succès à la réflexion spirituelle bien connue.

Ce roman s’avère être plus complexe que ce à quoi l’on pouvait s’attendre : la dénonciation du terrorisme mène de manière plus générale à la question de Dieu, mais aussi la place de chacun dans le monde et les fantômes qui nous entourent. Mysticisme et réalisme sont ainsi mêlés pour pousser à la réflexion et à la compréhension de l’autre… sans oublier le suspense jusqu’au bout !