Un livre sans point, ça vous est déjà arrivé ? Alors on prend sa respiration une bonne fois pour toute et on lit tout d’affilée… Enfin, grâce à un chapitrage on peut quand même faire quelques pauses pour ne pas se laisser totalement absorber par le récit d’un porc-épic africain ! Voilà pourquoi la typographie n’est pas totalement respectée… mais comment peut-il savoir conter une histoire alors ?

Ce qui ressemble à une légende noire-africaine nous présente comme narrateur un porc-épic assumé comme le double maléfique de Kibandi, un jeune homme vivant comme charpentier dans un village. Il semble que le porc-épic a une connexion toute particulière avec cet humain depuis qu’il a absorbé une potion des mains de son père, maléfique lui aussi, pour s’ouvrir à autre chose. Ainsi, Kibandi a un double de lui-même qui peut communiquer avec l’animal qui lui correspond, et ils planifient de se débarrasser de certaines personnes. Mais tout le monde n’est pas dupe : tous ces morts au sein du même village questionnent beaucoup, alors qui peut être derrière tout ça ?

Le porc-épic annonce dès le début que son maître vient de mourir, et il confie son histoire à un baobab qui l’a accueilli depuis qu’il est seul. Ainsi, on suit de loin la naissance puis l’enfance du garçon et enfin sa vie cachée comme meurtrier. La sorcellerie africaine est par ce moyen très bien représentée, montrant la magie liant l’homme à son animal prédestiné, plus forte que les religions modernes qui essaient pourtant de trouver leur place dans la vie des villageois.

Le style, original, n’est pas spécialement novateur et peut gêner le début de la lecture, mais on se prend vite au jeu et on lâche prise pour suivre cet animal méconnu dans ses pérégrinations. Que va-t-il devenir à la fin du récit ? Saura-t-il dépasser son chagrin ?